𝐏𝐥𝐚𝐢𝐝𝐨𝐲𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐚𝐠𝐫𝐨𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐞𝐧 𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐎𝐮𝐞𝐬𝐭 : 𝐥𝐞𝐬 𝐎𝐒𝐂 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞 𝐚̀ 𝐎𝐮𝐚𝐠𝐚𝐝𝐨𝐮𝐠𝐨𝐮

Du 11 au 12 mai 2026, la salle de conférence de l’Hôtel Royal Beach à Ouagadougou accueille un atelier régional de dialogue entre les Organisations de la Société Civile (OSC) et les institutions régionales sur l’agroécologie en Afrique de l’Ouest. Cette rencontre est organisée par l’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO), en collaboration avec ses membres et partenaires.

La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par M. Ilboudo Baowendsom Edouard, représentant du Ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques (MAERAH) du Burkina Faso, en présence du représentant du Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage du Niger, des organisations paysannes, des ONG, des réseaux d’OSC, des institutions internationales, des leaders coutumiers et religieux ainsi que des délégations venues d’une dizaine de pays ouest-africains.

Dans son allocution, le représentant du Ministre burkinabè a salué l’engagement des organisations régionales telles que le ROPPA, la 3AO, l’AFSA et la DYTAES dans la promotion d’une agriculture durable et résiliente. Il a souligné que l’agroécologie constitue aujourd’hui une réponse incontournable face aux défis climatiques, environnementaux et alimentaires auxquels la sous-région est confrontée. « La stratégie de plaidoyer que vous lancez aujourd’hui est un appel à faire mieux et à faire autrement », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant l’engagement des autorités burkinabè à accompagner la dynamique de transition agroécologique.

Représentant le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), le Président du Conseil d’Administration de la Confédération Paysanne du Faso (CPF) Monsieur Laurent DOMBOUE a, pour sa part, insisté sur le rôle central de l’agriculture familiale dans la souveraineté alimentaire et la résilience des systèmes agricoles ouest-africains.

Dans son intervention, il a rappelé que le ROPPA, membre engagé de la 3AO et structure abritant son secrétariat régional, considère l’agroécologie non comme une simple alternative technique, mais comme une réponse stratégique, politique et sociétale face aux défis majeurs de la région.

S’appuyant sur les données de la FAO, il a souligné que les exploitations familiales représentent plus de 80 % des exploitations agricoles en Afrique subsaharienne et assurent l’essentiel de l’alimentation des populations. Il a également rappelé que plus de 95 % des exploitations agricoles africaines ont une superficie inférieure à cinq hectares, démontrant ainsi que l’avenir alimentaire de l’Afrique de l’Ouest repose avant tout sur les producteurs familiaux et leur capacité à produire durablement malgré les crises.
Le représentant du ROPPA a mis en lumière les nombreuses initiatives agroécologiques développées à travers les quinze pays membres du réseau, notamment dans les domaines de la gestion durable des sols, des semences paysannes, de la transformation locale, de la commercialisation des produits locaux et de la transmission des savoirs paysans.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les politiques publiques, les financements et les cadres juridiques favorables à la transition agroécologique. Selon lui, la réussite de cette transition passe par une meilleure coordination des acteurs, une mutualisation des ressources et des expériences, ainsi qu’une reconnaissance accrue du rôle des producteurs et des organisations paysannes.

Les travaux de l’atelier portent notamment sur la stratégie concertée de plaidoyer pour la promotion de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest, les politiques publiques et les mécanismes de financement de la transition agroécologique, ainsi que sur les systèmes semenciers paysans, les biofertilisants, les biostimulants et les bio-protecteurs.

Moment fort de l’atelier, la 3AO a procédé à la remise officielle de sa note de plaidoyer aux représentants des ministres en charge de l’Agriculture du Burkina Faso et du Niger. La remise du document a été effectuée par M. Mamadou Goïta, membre du Comité de pilotage de la 3AO, au nom de l’Alliance.

Cette note de plaidoyer interpelle les États et les institutions régionales sur la nécessité d’accélérer la transition agroécologique à travers des politiques publiques adaptées, des investissements durables et un meilleur accompagnement des systèmes semenciers paysans, des bio-intrants et des bio-protecteurs.

La cérémonie d’ouverture s’est achevée par la remise officielle de trois notes politiques portant sur les systèmes semenciers paysans, les biofertilisants et biostimulants ainsi que les bio-protecteurs.

Cette rencontre sous-régionale constitue ainsi une étape importante dans la construction d’une vision commune pour la souveraineté alimentaire et la transition agroécologique en Afrique de l’Ouest